Le baiser de secours
De tous les petits riens, les petits bouts de chose
Qu’étanchent les papiers où j’écris quelques fois
Celui-ci parmi tous, je ne le voulais pas.
Pas ça, pas tout à fait, autrement, autre chose.
La nuit étrange et belle qui recouvrait ta bouche
Je voulais l’essuyer en fermant les paupières
Mais elle est restée là sur mes lèvres entrouvertes
Qui ne voulaient aux tiennes qu’un baiser de secours
Rien de la jalousie, du mensonge du temps
Rien même du souvenir, rien des larmes de joie.
Aucun bout de promesse que j’aurais laissé là
Aucun espoir volé, aucun mariage en blanc.
Je voulais un bâillon fait de chair et de sang
Sentir battre mon cœur entre nos deux visages
Un baiser de secours sage comme une image
Au milieu d’une nuit comme on en a vu cent.
J’aurais souris alors sans demander mon reste
Et j’aurais disparu sans encombre et sans bruit
J’aurais rêvé ce soir, je n’aurais rien écrit
Qu’un petit bout de chose, ça ou rien, ça…ou presque…
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